à bientôt (en espérant qu'il fasse un peu plus chaud)
jphi
Le Groupe Des Motards Elbeuviens
Un peu d’histoire :
Tout a commencé à la fin des années 70 - début des années 80… Une bande de potes, tous motards, avait l’habitude de se réunir le soir après le boulot, sur une place de la ville, dans un café ou chez les parents de l’un ou de l’autre (car la plupart habitaient encore chez papa et maman).
Les vendredis soirs, les gars prenaient leur tente et leur duvet et roulaient vers de nouvelles aventures, un peu partout. Ils se rendaient à toutes les « concentre » -aujourd’hui on dit plutôt « à l’arrache ».
C’était en effet la grande époque des concentrations de motos aux quatre coins de la France. Elles étaient plus ou moins bien organisées. A cette période, des médailles étaient décernées à ceux qui avaient fait le plus de kilomètres pour participer au rassemblement ou à ceux qui venaient les plus nombreux. Tous se retrouvaient au coin d’un feu de camp pour descendre quelques bières et déguster à la bonne franquette des côtes de porc -ou du Rhône !!-, des saucisses ou des merguez tout en causant « bécanes », courbes, vitesse, etc…
Les virées étaient souvent truffées d’embûches, entre les pannes, les crevaisons, les bricolages au bord de la route. Ils étaient jeunes et sans le sou, alors il fallait faire avec les moyens du bord pour réparer et repartir. Les engins n’étaient pas toujours en très bon état, c’était le plus souvent de vieilles pétoires rafistolées.
En 1979, un illuminé, alors ministre du gouvernement Raymond Barre, eut l’insupportable idée d’imposer une vignette sur les motos. La décision est restée en travers de la gorge de tous les motards de France et c’est la rage au ventre que nous avons manifesté notre mécontentement. Il y a eu des manifs et des défilés pour se battre contre l’instauration de cette nouvelle taxe. Cet élan de solidarité a donné naissance au moto-club en 1982. Il avait pour nom le Groupe de Défense des Motards Elbeuviens (GDME). D’ailleurs il est toujours enregistré ainsi à la préfecture.
Avec le temps, et aussi parce que cette loi saugrenue a été annulée en 1981, les esprits se sont calmés, et le GDME est devenu le Groupe Des Motards Elbeuviens.
Le club s’est structuré tranquillement. Par l’intermédiaire de l’actuel maire de Caudebec-lès-Elbeuf, Noel CARU, l’adjoint aux sports de l’époque à la mairie d’Elbeuf nous a dégoté un local; en lieu et place des anciens bains-douches, ex-ateliers municipaux, et nous a alloué une petite subvention pour le fonctionnement du club. Noël Caru a continué de nous soutenir lorsqu’il a été élu à la mairie de Caudebec en 1995. Au départ, le local -que nous occupons toujours à l’heure actuelle- était sale, sans confort, et sans électricité. Mais à force de récupération de matériel à droite et à gauche, nous sommes parvenus à l’aménager correctement. L’un des membres (malheureusement décédé prématurément à moto, percuté par un chauffard ivre dans la côte des Essarts) a installé toute l’électricité, un autre (René) a fabriqué l’escalier et la porte, un poêle à bois de récup’ a permis de nous réchauffer les soirs d’hiver et, bien sûr, un coin du local a rapidement fait office d’atelier pour réparer les bécanes car rares étaient ceux qui avaient un garage chez eux. Depuis, nous nous retrouvons toutes les fins de semaines pour boire un coup et décider de la sortie du week-end.
Les motards de la première heure ont vieilli, ils se sont mariés (parfois entre motards et motardes, le club ayant joué un peu les « agences matrimoniales »), et ils ont eu des enfants. Petit à petit le moto-club s’est transformé en un endroit familial où l’on continuait de partager notre passion avec nos enfants. On a ainsi vu arriver quelques side-cars quand d’autres ont abandonné la moto pour construire ou acheter une maison.
Voilà douze ans que je me suis retrouvé président, car personne ne voulait reprendre la tête du moto-club. Ça faisait seulement un an que j’étais membre et que je participais au bureau. Mais si nous, les plus jeunes de la bande au milieu des années 90, nous n’avions pas repris le flambeau, les anciens auraient tout arrêté. Je ne le regrette pas. Le moto-club est devenu un lieu de rendez-vous où l’on aime se retrouver entre amis et où les nouveaux sont accueillis les bras ouverts. J’espère que ça durera longtemps comme ça.
Jean-Phi, président du GDME (printemps 2009)
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